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LE BOUDDHISME AU JAPON

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Comptant aujourd'hui plus de 75% de la population japonaise, le bouddhisme est une religion omniprésente sur l'ensemble du territoire. Elle est la deuxième religion la plus populaire derrière le shintoïsme qui recense plus de 90% d'adepte. Découvrons aujourd'hui ses origines, son histoire, son évolution au cours des siècles ainsi que ce qu'il en reste réellement aujourd'hui.

L'arrivée du bouddhisme au Japon

Le bouddhisme était déjà présent au Vietnam au moment où il a vu le jour sur le territoire nippon pour la première fois, c'était lorsque le roi Seong de Baekje (l’ancienne Corée du Sud) envoya des émissaires chargés de rencontrer l’empereur japonais Kinmei (règne : 509-571) en 552. Ces émissaires rapportèrent à l’empereur une image de Bouddha ainsi que certaines sutras ce qui marqua le premier point de contact officiel entre la religion bouddhique et le Japon. Nous précisons officiel car il est possible que certains japonais aient déjà découvert cette religion auparavant à la suite de contacts commerciaux avec la Chine, notamment sous l’impulsion de l’ancienne route de la soie. Ce qui est certain c’est que le bouddhisme est arrivé bien après le shintoïsme qui reste la religion ancestrale du pays du Soleil levant (le shintoïsme date d’au moins 500 avant Jésus-Christ).

Le développement du bouddhisme au Japon

Bien qu’accueilli au VI ème sur le territoire, le bouddhisme ne va pas être immédiatement intégré dans les mœurs japonaises. Il faudra attendre une cinquantaine d’années pour que le prince Shôtoku-Taishi démocratise cette religion en faisant construire de nombreux temples bouddhistes et en publiant des commentaires sur des sutras. Si bien qu’en 627, cinquante temples bouddhistes se trouvaient déjà édifiés pour 800 moines et 700 nones. Shôtoku-Taishi est encore aujourd’hui considéré comme le principal fondateur du bouddhisme au Japon.

Le bouddhisme deviendra ensuite la religion d’État au VIII ème siècle sous l’élan de l’empereur Shomu, qui fit d’ailleurs érigé la statue de Bouddha de 16 mètres qui siège encore au Tōdai-ji (le grand temple de l’Est). On retrouve d'ailleurs encore de nombreuses statues de Bouddha sur l'ensemble du territoire japonais. Les talents artistiques du pays contribueront ainsi peu à peu à faire naitre une grande partie des temples que nous connaissons aujourd’hui. L’essor des jardins zen naquit également durant cette période où ils avaient pour but initial de représenté le paradis de Bouddha. Peu à peu les clans puissants adopteront cette religion et elle se propagea petit à petit sur l’ensemble du territoire japonais.

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Cependant, ce qui est important à comprendre c’est que la religion bouddhiste et ses instructions religieuses n'ont pas été figées dans le temps. Elles ont évoluées au cours des siècles et des périodes majeures qu’a pu connaitre le Japon. Il y a donc toujours eu une cohabitation entre les différents courants bouddhistes qui étaient instruits dans les temples et les écoles. Cela n’a jamais vraiment posé problème puisque ce n’était que des manières différentes d’atteindre le même idéal : « l’éveil ». Néanmoins, on peut aisément citer trois grandes périodes du bouddhisme qu'à connu le Japon :

  • Le bouddhisme hīnayāna 
  • Le bouddhisme mahāyāna
  • Le bouddhisme vajrayāna

La fin du bouddhisme au Japon ?

En 1868 lors de la restructuration de Meiji le bouddhisme s'est vu être bannit et de nombreux temples furent brûlés. Alors que jusque là la cohabitation des religions shintoïstes et bouddhistes n'avait pas posé de problèmes car elles partagent toutes deux une philosophie assez proche. Les pro-shintoïstes qui ont gagnés en pouvoir décrétèrent que le bouddhisme était un "trouble à l'ordre public" et que par conséquent cette religion devait disparaitre. 

Cependant, la religion bouddhiste étant à présent ancrée depuis trop longtemps dans les mœurs japonaises (plus d'un millénaire) ils ne purent la rayer définitivement du pays. Par conséquent le bannissement fut levé quelques années après, mais une politique de pratique religieuse plus laxiste fut mise en place, notamment vis-à-vis de la chasteté des moines.

Les écoles bouddhistes au Japon

Comme mentionné dans le chapitre précédent, le bouddhisme est une religion qui a évoluée avec le temps et naturellement ses écoles et l'instruction qu'elle y donnait a évoluée avec. Il serait bien trop long d'énumérer et de retracer toutes les écoles bouddhistes qui virent le jour au Japon, mais cependant six d'entre elles de l'époque de Nara restent encore populaire :

  • L'école de Hossō
  • L'école de Jojitsu
  • L'école de Kegon
  • L'école de Kusha
  • L'école de Ritsu
  • L'école de Sanron

Trois d'entre elles sont d'ailleurs encore debout : Hossō, Kegon et Ritsu.

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À l'heure d'aujourd'hui le Japon connait treize grandes écoles qui retracent l'ouverture progressive des différentes instructions bouddhistes du Japon. Mais les plus vieilles restent les trois de l'époque de Nara (710-794) cités plus haut. Les autres sont respectivement l'école Tendai et l'école Shingon pour l'époque de Heian (794-1185), et les écoles Nichiren, Jōdo shū, Jōdo shinshū, Yūzū nembutsu shū, Ji, Rinzai, Sōtō et Ōbaku qui sont les plus récentes et qui datent de l'époque de Kamakura (1185-1333). 

Pour conclure, la principale différence entre ces écoles n'est pas tant dans leur essence même mais bien dans leur façon d'enseigner et de pratiquer. Le bouddhisme étant une religion philosophique qui prône la sagesse et l'éveil de soi, elle prend bien plus souvent la forme de pratiques méditatives et spirituelles.

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