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LES DRAGONS JAPONAIS

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Quand on évoque les dragons, on pense naturellement aux cracheurs de feu comme Smaug  qu’on retrouve dans Le Hobbit de Tolkien. Cependant, les dragons ne sont pas tous les mêmes d’une culture à une autre. Bien que dans la majorité des cas ils se composent d’une tête de chameau, de cornes de cerf, d’yeux de lièvre, d’écailles de poisson, de pattes de tigre et de griffes d’aigle. Nous allons voir que les dragons japonais ont eux leurs propres caractéristiques et pouvoirs magiques qui ne semblent ressembler à aucun autre dans le monde.

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Origine des dragons japonais

La notion et la créature de dragon ont émergés sous l’impulsion de la religion bouddhiste (importée de Chine au VI ème siècle) ainsi que sous la religion shintoïste.

Selon la religion shintoïste, lors de la création de l’univers plusieurs dieux sont apparus. Ils sont collectivement nommés kotoamatsukami et seraient nés à Takama-ga-hara, le monde du ciel. Sept générations de divinités kami succédèrent alors aux kotoamatsukami, les kamiyonanayo. De ces kamiyonanayo, de nombreuses créatures mythologiques et folkloriques virent le jour pour remplir tout un cas de fonction comme gardien ou messager. Parmi ces nouvelles créatures, les dragons. C’est ainsi qu’ils naquirent dans la culture japonaise il y a plus d’un millénaire.

Ils étaient alors considérés comme les dieux des océans et se devaient par conséquent de les protéger. Ils avaient également pour la plupart la capacité de se changer en humain. Finalement, ils étaient un symbole de force, de sagesse et de succès, ce qui explique leur popularité auprès des tatouages yakuzas.

Les dragons dans la culture japonaise

Bien à l’inverse de nos dragons cracheurs de feu, les dragons japonais sont eux des créatures associées à la mer, mais aussi aux nuages dans une moindre mesure. Ils ont un corps qui ressemble à celui d’un serpent et possèdent trois griffes par patte, à l’inverse des dragons coréens qui en possèdent quatre et des chinois qui en possèdent cinq.

La quasi totalité des histoires parlant de dragons au Japon furent importées de Chine, du Vietnam et de Corée, mais cependant ce pays à au fur et à mesure fait évoluer sa propre mythologie locale et développé ses propres dragons que nous verrons en détails dans le chapitre suivant.

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Pourquoi les dragons japonais ont-ils trois pattes ?

Pour en revenir aux nombres de griffes par patte des dragons. Une des légendes japonaises propose l’explication suivante. Lorsque les dragons sont apparus pour la première fois au Japon ils possédaient alors trois griffes. Cependant, ils furent amenés à migrer de plus en plus loin à travers les océans qu’ils étaient en charge de protéger et plus leur voyage se faisait long et plus leur nombre de griffes augmentait. Arrivés en Corée, ils possédaient alors quatre griffes et rendu en Chine ils pouvaient en compter cinq sur leurs pattes. C’est pourquoi leur voyage du s’arrêter ici car s’ils avaient eu l’élan de s’aventurer plus loin ils auraient finit par avoir trop de griffes ce qui les aurait gêné pour se déplacer, et par conséquent ils n’auraient pas pu rentrer au Japon.

Les gardiens des quatre directions cosmiques

Il existe un nombre astronomique d’histoires mentionnant les dragons au Japon et il serait impossible de faire une liste exhaustive de toutes celles-ci. D’autant plus que, comme mentionné précédemment, le Japon s’est peu à peu approprié ces créatures dans sa propre mythologie et les dragons se sont ainsi vu diversifiés dans leur nature, leur fonction et leurs pouvoirs. Il ne faut donc pas s’étonner si tous les dragons ne sont pas des protecteurs des océans apparus pour protéger les kamiyonanayo. Mais parmi ces nombreuses histoires l’une d’entre elle est particulièrement populaire au Japon et mérite le détour. Elle est par ailleurs très populaire dans la culture chinoise étant donné que c’est de là qu’elle a été importée.

Les dragons seraient donc une des quatre créatures chargées de protéger les quatre directions cosmiques, également appelées quatre emblèmes célestes, avec la tortue, le kirin (un animal croisé entre une licorne et un tigre selon les légendes) et le phénix. Le dragon étant le dieu des mers, il est souvent assimilé à la nature de manière générale ainsi qu’au bois de la forêt. Il s’oppose par conséquent au phénix de feu qui lui réduit la forêt en cendre. Ce sont donc deux créatures qui ont longtemps été misent en opposition, vu comme le yin et le yang. 

Cependant, certaines représentations japonaises affichent un dragon au côté d’un phénix en tant que partenaire. Ainsi dans la mythologie japonaise, l’association phénix/dragon est plutôt vue comme suivant : le dragon est le pendant masculin du phénix féminin et une fois réunis ils forment le conflit de la félicité conjugale.

Les temples du dragon

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On retrouve dans de très nombreux sanctuaires shintoïstes et temples bouddhistes des références sur des objets aux dragons, d’autant plus lorsque ces derniers se trouvent près d’un lac ou d’un plan d’eau.

Certains temples possèdent d’ailleurs encore aujourd’hui un nom relatif aux dragons comme la secte Rinzai a Tenryū-ji surnommé le "Temple du dragon céleste", Ryūtaku-ji alias le "Temple des marais du dragon" et finalement Ryōan-ji le "Temple de la paix du dragon”. Par ailleurs, on retrouve aussi au Japon dans de nombreux bâtiments des estampes ou des œuvres traditionnelles mettant en scènes des dragons ainsi que toutes sortes de références à ces créatures sur des cloches ou des toits.

La danse du dragon

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Si vous avez la chance de vous rendre au Japon au printemps vous pourrez assister à la danse du dragon d’or, également appelée Kinryu-no-Mai qui se trouve à Asakusa au temple Sensoji. Le dragon est baladé un petit moment dans les terres environnantes puis dans la ville et les spectateurs ont par habitude de toucher le dragon car selon la tradition cela porte chance.

Les 6 dragons les plus populaires dans la mythologie japonaise

Mizuchi

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Mizuchi est un dragon aquatique qui vivrait dans la rivière Kawashima. Il était réputé pour tuer les marins qui auraient l’audace de s’approcher trop près de lui à l’aide de son venin. Un jour, Agatamori, un ancêtre du clan de Kasa no omi, alla en personne dans la rivière et proposa alors un défi au dragon Mizuchi. S’il arrivait à faire couler les trois calebasses qu’il venait de jeter à l’eau, il le laisserait libre dans sa rivière. Mais s’il échouait, il le tuerait lui ainsi que les autres dragons au fond de la rivière. Mizuchi échoua, et alors Agatamori tua Mizuchi. La légende raconte même que la rivière devint rouge de sang tellement Agatamori tua de dragons et que depuis cette rivière porte le nom d’étang d’Agatamori en mémoire de son acte héroïque.

Yamata no Orochi

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Yamata no Orochi, alias Orochi, est un dragon à huit têtes et huit queues. Aussi cruel qu’il soit, il demandait chaque année aux kunitsukami (des dieux terrestres) de lui livrer une de leur fille pour la dévorer. Mais rendu à la septième année, les kunitsukami ne possédaient alors plus qu’une seule fille et le dieu shintoïste de la mer Susanoo décida d’intervenir.

Il rencontra les kunitsukami et leur proposa de sauver leur dernière fille en échange de sa main. Ne voulant pas perdre leur dernière fille, ils acceptèrent le marché. Susanoo changea alors la fille en peigne puis la mit dans ses propre cheveux. Il demanda ensuite aux kunitsukami de préparer du saké et de mettre un bac rempli d’alcool dans huit armoires distinctes. Susanoo commença alors à mettre son plan à exécution pour mettre fin aux crimes de Orochi. Il attira subtilement ce dernier qui apparut alors sous sa forme le plus monstrueuse avec ses huit têtes, ses huit queues ainsi que des sapins et des cyprès qui lui poussaient sur le dos. La légende raconte même que sa taille s’étendait sur huit vallée et huit collines tellement il était gigantesque.

Cependant, il est bien connu que la force sans la sagesse n’est rien. Orochi se précipita donc de boire tout l’alcool et tout le saké et alors qu’il s’endormit d’ivresse, Susanoo en profita pour le tuer pendant son sommeil à l’aide d’une épée à dix branches. Il trouva même dans une des queues du dragon une épée nommée Kusanagi-no-Tsurugi qui est aujourd’hui un des trois trésors impérial du Japon. Il donna par la suite cette épée à sa sœur Amaterasu et pu regagner le ciel de là où il avait auparavant été renié.

Watatsumi

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Watastumi, également appelé Ryujin, est le "Grand dieu de la mer" de la mythologie japonaise. Selon la légende, ce dragon vivait dans un palais sous-marin appelé Ryugo-jo où il y accueillait les humains égarés avec ses filles dans le palais. Il contrôlerait également les tortues, les méduses et les poissons à l’aide de ses joyaux magiques. Il est par ailleurs considéré comme un ancêtre de la dynastie impériale japonaise.

Un jour, alors qu'un homme nommé Hoori pêchait avec son frère sur un petit bateau il tenta de rattraper dans la mer un hameçon que son frère avait fait tomber. Il tomba à l'eau et tomba par hasard sur une des filles de Ryujin, il décida par la suite de se marier avec elle. Seulement, trois ans plus tard il se lassa du palais de Ryugo-jo et voulu remonter à la surface. Hélas, il eut peur de devoir affronter son frère sans même avoir réussi à récupérer l’hameçon pendant tout ce temps. Le père de Otohime, la femme de Hoori, ordonna alors à tous les poissons de chercher cet hameçon dans la mer. L’un d’entre eux finit par le retrouver et Hoori parti donc vivre sur la terre ferme avec sa femme Otohime afin d'y retrouver son frère et lui rendre l'hameçon. La légende raconte même qu’il utilisèrent un wani pour remonter à la surface, une des nombreuses espèces des dragons aquatiques de la mythologie japonaise.

Nure-onna

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On pourrait débattre de la nature même de Nure-onna de par sa forme de serpent et sa tête de femme. Mais la mythologie japonaise l’assimile comme un dragon et c’est pourquoi nous avons décidés de l’intégrer ici. Ce qui est certain, c’est qu’elle est également considérée comme un yōkai (ensemble de monstres folkloriques japonais).

Selon la légende, Nure-onna apparaîtrait principalement dans la région d'Iwami où elle surgirait de l’eau pour donner un bébé à étreindre à quelqu’un dans les environs. Une fois le bébé saisit par cette même personne, le bébé se changerait alors en pierre et il serait impossible de s’en séparer. Un Ushi-oni (un yōkai avec une tête de bœuf, un corps d’araignée et trois griffes sur chaque flanc) surgirait alors et tuerait la personne incapable de se libérer du bébé de pierre, avant de la manger en entier.

Wani

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Wani est le dragon marin que nous avions évoqué lors du récit de Watatsumi qui ramena Hoori et Otohime à la surface. Comme beaucoup de dragons japonais c’est un dragon aquatique mais néanmoins ses origines nous vienne de Chine. Il est d’ailleurs assimilé de temps à autre à un requin ou un crocodile de part son étymologie.

Il y a plusieurs références qui parle du wani dans la mythologie japonaise mais dans toutes celles-ci le wani joue un rôle plutôt secondaire et est laissé au second plan, à l’inverse des dragons comme Watatsumi ou Orochi.

Zennyo Ryūō

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Zennyo Ryūō est un dragon de la pluie qui est souvent considéré comme un “roi-dragon” représenté sous une forme mi dragon, mi humaine. Il aurait en effet, comme beaucoup d’autres dragons japonais, la capacité de se transformer en humain. Son étymologie est quant à elle plutôt surprenante puisqu’elle signifie littéralement “femme vertueuse roi-dragon”.

Selon la tradition bouddhiste, Zennyo Ryūō serait apparu en 824 après JC sous l’appel du prêtre Kūkai, un très grand moine bouddhiste, au palais impérial de Kyoto à l’occasion d’un concours de fabrication de pluie.

Dragon japonais vs dragon chinois

Lorsqu’on évoque les dragons en Asie, il est en effet plus instinctif de penser aux dragons chinois. Pour cause, ces derniers sont les plus populaires et ils ont eu une forte influence sur les dragons japonais pendant des siècles.

Cependant, il existe bien des différences entre les dragons de ces deux pays et il ne s'agit pas simplement d'une question de griffes aux pattes. Les dragons japonais ont tendance à être bien plus élancés que les dragons chinois, ressemblant presque à des serpents aquatiques géants. Alors que les dragons chinois ont un rôle bienveillant, les dragons japonais sont souvent vus comme des créatures hostiles (cf exemples dans le chapitre précédent). Ce qui est plutôt paradoxale et antagoniste au vu de leur nature première de "dieu et protecteur des océans". La culture chinoise associe également davantage les dragons comme bienfaiteurs de pluie là où rien de tel n’est spécifié chez les dragons japonais. Cela s’explique par le climat plus aride en Chine qui a connu plus de problèmes liés à la sécheresse que n’en a connu le Japon.

Néanmoins, les mélanges de cultures, d’histoires et de mythologies entre ces deux pays rendent assez difficile de faire une distinction très nette entre ce qu’est un dragon japonais de ce qu’est un dragon chinois.

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