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MAIS QUI SONT VRAIMENT LES YAKUZAS ?

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Il est plutôt ironique de savoir que dans un pays qui compte deux des villes jugées comme les plus sûres du globe (Tokyo et Osaka) on retrouve l’une des organisations criminelles les plus importantes du monde. Au delà des stéréotypes classiques qu’on à l’habitude de voir sur les gangs, comme quoi il s’agirait d’un groupuscule violent qui opère dans l’ombre pour mener à bien diverses activités criminelles. Nous allons découvrir que les yakuzas sont en fait bien plus que cela, qu’ils relèvent d’une structure de clan très organisée et qu’ils sont en fait présents à traverse toutes les couches de la société japonaise.

L’origine des yakuzas

Pour comprendre l'étymologie du mot yakuza il faut d’abord prendre connaissance d’un jeu carte de hasard que les japonais appellent oicho-kabu (représenté ci-dessous), c’est un dérivé du black-jack que nous connaissons. Dans une main à trois cartes la valeur de notre jeu est déterminé par le plus petit chiffre du nombre obtenu en additionnant la valeur de nos trois cartes. Prenons un exemple. Si nous avons en main un huit, un neuf et un trois, l’addition de ces chiffres nous donne vingt et le plus petit chiffre du vingt entre le deux et le zéro est le zéro. Par conséquent nous avons zéro point, ce qui n’est autre que la pire main possible. En japonais le huit se dit “ya” (éventuellement hachi), le neuf se dit “ku” et finalement le trois se dit “za” (éventuellement san). Littéralement le mot yakuza signifie bon à rien.

oicho-kabu

Les premiers yakuzas qui naquirent au XVIIème siècle étaient donc pour la plupart soit des joueurs de cartes, soit des commerçants. Et à l’époque, ni l’un ni l’autre ne jouissait d’une fière réputation. Alors que les commerçants qui étaient appelés tekiya étaient considérés comme des colporteurs de biens volés, les joueurs de cartes, appelés bakuto, étaient eux vus par la société comme des voyous jouant aux dés et à des jeux de cartes illégaux. Le mot bon à rien qui désigne les yakuzas commence à prendre son sens. 

Les bakuto et les tekiya étaient donc à l’origine deux groupes d’individus en marge de la société japonaise. Cependant, l’un comme l’autre évoluèrent petit à petit, dans l’ombre. Alors que les marchands se regroupèrent pour gagner en puissance jusqu’à être reconnu comme tel par le gouvernement d’Edo, les joueurs gagnèrent quant à eux de l’influence et de la puissance en se rassemblant à plusieurs dans des maisons de jeux en embauchant leur propre personnel de sécurité.

Année après année, ces groupes criminels recrutèrent des membres au sein de leur organisation jusqu’à former un collectif présent sur une bonne partie du territoire japonais. C’est à ce moment qu’ils prirent officiellement le nom de yakuzas et étaient alors vu par le reste de la société comme une bande de criminels qui inspirait peur et mépris au reste de la population. On retrouve d’ailleurs encore dans les organisations yakuzas des activités tirées des racines profondes de leur émergence dans la société japonaise avec des liens dans des activités de jeu et de commerce.

Structure de l’organisation yakuza et rite d’initiation au gang

C’est dans les années 1960 que les yakuzas ont été les plus nombreux, estimés par les autorités japonaises à plus de 184 000 membres. Depuis, le nombre de membres du clan a considérablement diminué et la scission en trois du plus gros clan yakuza en 2015 n’a pas arrangé les choses. Il serait aujourd’hui moins de 40 000 au Japon.

yakuzas

La structure hiérarchique de l’organisation est régie comme une famille avec des pères (oyabun), et des fils nommées kobun. Pour renforcer les liens entre eux et établir une loyauté sans faille une cérémonie de bienvenue, appelée sakazuki, est organisée où pères et fils partagent une coupe de saké que le kobun se devra d’ailleurs de garder en guise de fidélité. Lorsqu’un yakuza entre dans l’organisation il se doit alors de couper tous les liens qui le lie avec sa famille biologique afin de se consacrer pleinement au gang et de jurer allégeance totale à leur oyabun.

Les yubitsume

Afin de s’assurer de la loyauté totale de chacun des membres envers l’organisation, un rituel particulier qui est assez connu aujourd’hui à été mit en place, le yubitsume, ou littéralement “raccourcissement du doigt”. Cette pratique est exigée envers un membre lorsque celui ci a commis une faute grave au sein de l’organisation et ne peut expier ses péchés par la simple parole.

Pour effectuer le yubitsume, le pécheur commence par placer un morceau de tissu blanc sur la table, puis sur une petite planche en bois place son petit doigt, il saisit ensuite de l’autre main un couteau très aiguisé puis sectionne son petit doigt au niveau de la phalange supérieur avant de l’offrir à son oyabun dans le bout de tissu. Le kobun est alors pardonné et peut reprendre ses activités au sein de l’organisation.

yubitsume

Si un yakuza commet à nouveau une faute grave, il se devra alors de se réamputer une phalange. Ainsi, il est fréquent de voir des yakuzas assez anciens dans l’organisation ne possédant presque plus du tout de petits doigts sur les deux mains voire même étant obligé de s’amputer une phalange de l’annulaire. 

Le yubitsume est né lorsque que les yakuzas portaient encore des épées, il était alors plus difficile de la saisir avec un doigt en moins ce qui rendait le yakuza plus faible et par conséquent plus dépendant de la protection de ses supérieurs. Le rapprochant ainsi davantage de l’organisation.

Les tatouages des yakuzas

Les tatouages sont certainement ce qu’il y a de plus caractéristique chez les yakuzas qui en sont presque tous recouverts sur une partie très importante du corps. Ils font partie intégrante de la culture de cette organisation. Les tatouages ne sont en revanche pas fait sur le visage ni sur les mains de tel sorte à pouvoir les dissimuler en public et ainsi ne pas exposer son appartenance au gang aux yeux de tous. On trouve également de nombreux yakuzas qui ne possèdent pas de tatouages le long du centre du ventre afin de pouvoir porter un kimono ouvert sans devoir exposer ses tatouages en public.

Plus qu’une simple décoration visuelle, les tatouages yakuzas ont une vraie signification profonde que vous pouvez d’ailleurs retrouver ici : signification des tatouages yakuzas. C’est une forme d’art qui est appelé irezumi et dont Horiyoshi III en est un des grands maîtres. Le fait de se faire tatouer sur autant de parties du corps est une façon de démontrer leur capacité à supporter la douleur pendant de très longues périodes. En effet, l’irezumi en plus d’être un style de tatouage particulier est une méthode de tatouage à part entière, par ailleurs très toxique. Il se fait à la main à l’aide d’outils en bois et d’une aiguille et la douleur y est bien plus importante qu’avec une technique de tatouage classique avec un pistolet à tatouer électrique.

tatouages-yakuzas

Le processus est si douloureux que certains yakuzas vont même jusqu’à ne pas finir leurs tatouages, ou du moins les font traîner pendant une longue période avant de les terminer. Ceux qui ont le courage de se faire tatouer de façon intégrale voit cela comme un voyage et une balade avec le tatoueur qui prend souvent le temps de faire amplement connaissance avec son client afin de concevoir un tatouage qui lui correspond et le représente vraiment.

Les yakuzas ont également coutume de se retrouver dans les onsens, les bains chauds traditionnels japonais où l’on se retrouve nu, ce qui est une occasion de plus d’exposer son œuvre et sa résistance physique face à la douleur. D’une manière générale, les yakuzas qui possèdent un costume irezumi complet démontrent à leurs pairs leur capacité à résister aux douleurs physiques extrêmes ce qui inspire respect et grande loyauté à l’organisation.

Les différentes activités des yakuzas

Il existe plusieurs sous-famille à l’intérieur de l’organisation globale yakuza et toutes n’opèrent pas et se s’impliquent pas dans le même type d’affaires. Certaines familles sont bien plus criminelles que d’autres. Mais d’une manière générales les yakuzas tirent leurs revenus principaux des industries du sexe et de la prostitution, de la contrebande d’armes à feu, du commerce de drogues, d’extorsions en divers genres et de racket. Mais plus récemment de la bourse où ils envoient des membres du gang aux conseils d’administrations des entreprises pour manipuler les cours en faisant du chantage avec les cadres, les menaçants de dévoiler certaines informations personnelles pouvant compromettre leur réputation. Le tout en ayant acheter de nombreuses actions en amont qui se verront étonnement très lucratives.

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Néanmoins, ce qui est assez surprenant chez les yakuzas c’est que, hormis pour leurs tatouages, ils ne cherchent pas à se cacher aux yeux de la population et des forces de l’ordres japonaises. Cela s’explique parce que bien qu’ils soient connu de tous pour leurs activités illégales, il n’est pas interdit d'appartenir à un gang yakuza.

Ces organisations ne se voient en effet elles-mêmes pas comme des criminelles terrifiant la population. Au contraire, elles ont montrées à plusieurs reprises qu’elles pouvaient lui être bénéfique comme lors du tremblement de terre en 1995 où ils ont pris l’initiative d’aller secourir la population, avant même que le gouvernement réagisse. Ou bien en 2011 lorsque le tremblement de terre de Tohoku frappa ils ouvrirent leurs portes aux réfugiés pour les loger et les nourrir.

Bien que les yakuzas soient très mal vus par la population japonaise, ils sont en réalité une manière efficace de ne pas laisser émerger une pègre sale dans les rues de part leur code d’honneur qu’ils s’imposent, inspiré du Bushido des samouraïs, et le yubitsume qui est appliqué est conséquence si l’un des membres se voit y transgresser.

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